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« Entrepreneurs en sursis » : oubliés des aides de l’État, des créateurs d’entreprises se mobilisent pour faire entendre leurs voix

Né il y a peu à l’initiative de créateurs d’entreprises de la Région Grand Est, le collectif « Entrepreneurs en sursis » regroupe aujourd’hui déjà une trentaine d’entrepreneurs venus de toute la France.

Leur point commun : ils viennent tout juste de créer leurs entreprises et devaient lancer leurs activités ces dernières semaines, sauf que le confinement les a stoppés nets. Pas encore de chiffre d’affaires, ils ne sont donc pas éligibles aux aides financières mises en place par l’État pour faire face à la crise du Coronavirus.

Le collectif « Entrepreneurs en sursis » à pour objectif de se faire entendre au plus haut niveau, pour permettre à tous les créateurs d’entreprises qui sont dans leur cas de bénéficier des mêmes aides que la majorité des entreprises déjà bien installées. A savoir, l’aide de 1500€ par mois, une prolongation de leurs droits Pôle Emploi équivalente au nombre de jours de confinement et un accès au prêt garanti par l’Etat pour celles et ceux qui le souhaitent. Ils espèrent ainsi éviter que leurs business ne mettent la clef sous la porte avant même d’avoir pu démarrer leurs activités. Car, eux aussi, doivent faire face à des charges souvent conséquentes malgré une trésorerie très faible et aucun chiffre d’affaires.

Chez nous, cette initiative est portée en local par Julien Gilbert et Benoit Petit, deux entrepreneurs associés qui prévoyaient d’ouvrir le tout premier Hôtel pour Chats de Toulon au mois d’avril, Les Matoulonnais – Club de Vacances pour Chats Sudistes. Complètement tributaires du tourisme et des départs en vacances, ils comptaient profiter des ponts du mois de mai pour commencer à se constituer une clientèle et préparer la saison estivale, période prévue comme la plus forte en activité dans leur business plan. C’était sans compter le confinement.

« Nous travaillons sur notre projet d’entreprise depuis deux ans. Toulonnais d’origine, nous avons choisi de revenir ici pour participer à la redynamisation de notre ville qui est à l’œuvre depuis quelques années. C’était très important pour nous. Nous avons mis toutes nos économies dans notre entreprise, engagé de gros travaux dans notre local… Nous payons déjà de lourdes charges qui commencent à peser sur la santé financière de notre business, alors que nous ne sommes même pas encore ouverts. C’est d’autant plus difficile qu’aucune banque n’a accepté de nous suivre. Nous essayons de rester positifs et motivés, mais notre avenir est incertain. »

Finalement, ils avaient réussi à convaincre une banque et devaient bénéficier d’un prêt bancaire de 30000 euros pour les aider sur les travaux. Une respiration financière salutaire, mais un espoir de courte durée. Aujourd’hui leur demande de prêt a été mise en attente. Ils ne seraient pas « prioritaires » par rapport aux entreprises qui ont droit au Prêt Garanti par l’État. Tous les frais engagés pour les travaux pèsent donc encore sur les épaules fragiles de leur entreprise.

Sur le modèle de ce qui a été fait dans la Région Grand Est, Benoit et Julien souhaitent rédiger une lettre d’appel à l’aide à nos élus locaux pour attirer l’attention sur les spécificités de la situation des créateurs d’entreprises en danger :

« Notre volonté est de convaincre le plus d’entrepreneurs de l’aire Toulonnaise possible de rejoindre notre collectif. Nous appelons toutes celles et ceux qui sont dans le même cas que nous à se mobiliser et nous contacter. L’union fait la force, plus nous serons nombreux pour tirer la sonnette d’alarme, mieux nous pourrons faire entendre nos voix et décrocher ces aides indispensables pour nous tous. »

Si vous êtes dans cette situation et que vous souhaitez les contacter, envoyez un mail à lesmatoulonnais@gmail.com.

« Ce collectif n’a aucune vocation à des revendications politiques. L’objectif est d’alerter tous ensemble l’État sur nos situations d’entrepreneurs en difficultés et de pouvoir bénéficier des mêmes aides que les autres entreprises. Nous n’avons qu’un seul et unique but : sauver nos petites entreprises en danger ! » précisent-ils.

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