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TOULON : COVID-19, Jean-Pierre GHIRIBELLI propose des mesures post-confinement au préfet du Var

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Jean-Pierre GHIRIBELLI a écrit à Jean –Luc VIDELAINE, Préfet du Var, pour lui part d’une série de propositions concernant la sortie du confinement pour les entreprises de la filière du tourisme (restaurant et hôtellerie, notamment), au sens large.

Voici le courrier adressé au représentant de l’Etat.


Monsieur le Préfet,

Comme vous l’imaginez, l’annonce d’une ébauche de calendrier de sortie de crise du Président de la République lundi soir a fait l’effet d’une déflagration dans le secteur des cafés, hôtels, restaurants et discothèques car nous sommes l’un des seuls secteurs sans effet d’horizon pour la réouverture de nos établissements.

Cette incertitude renforce l’extrême anxiété des acteurs d’une filière qui représente un pourcentage important du PIB varois , face à cette crise sanitaire qui frappe de plein fouet leurs entreprises et se prolonge sans perspectives claires de sortie. Nous saluons les mesures d’accompagnement initiées par le gouvernement et vos services, destinées à amortir partiellement le choc et vous remercions de demander à vos services d’accélérer déjà, dans le cadre du chômage partiel, les remboursements des avances consenties par nos entrepreneurs sur leur trésorerie.

Enfin, nous apprécions l’annonce d’un plan sectoriel pour la restauration, l’hôtellerie et le tourisme auquel l’UMIH travaille déjà. Mais nous craignons plus que tout la perspective d’un déconfinement progressif sans lisibilité. C’est un chantier extrêmement complexe à mettre en œuvre pour pouvoir envisager une projection financière et salariale, programmer les embauches, les investissements et les achats et il nécessite de disposer d’un calendrier dégagé. D’autant qu’avec la fermeture de l’espace Schengen, notre marché estival se rétrécit. Ainsi, beaucoup de nos confrères, désabusés à l’idée d’avoir raté l’essentiel de la saison, risquent même de jeter totalement l’éponge et de ne pas rouvrir cet été, estimant qu’ils ne pourront rentabiliser leurs investissements sur une saison aussi courte.

Ces possibilités existent, notamment dans l’est-Var et cette dégradation de l’offre aurait des conséquences catastrophiques à l’heure où une demande timide de reprise envisage de se profiler. Toutes les autres mesures de report de charges se transformeraient alors en bombe à retardement et de nombreuses entreprises du secteur ne parviendront plus à franchir le mur de la dette. Sans compter les situations dramatiques des saisonniers, notamment étudiants, dont c’est la seule ressource pour financer leurs études.

La situation est réellement gravissime pour le secteur touristique, le premier créateur d’emplois et de richesses en France. Il faudrait donc impérativement que le gouvernement précise rapidement une date prévisible et un protocole sanitaire pour la reprise de notre secteur.

Je me permets en conséquence de vous suggérer quelques idées de mesures novatrices qui sont en votre pouvoir pour envoyer à toute la filière un signal fort d’accompagnement à ses côtés.

A situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Je vous en propose quatre :

  1. Pour compenser la diminution des surfaces fermées des établissements de restauration et les débits de boissons pour cause de distanciation sociale pendant les services, les autoriser provisoirement à accroitre l’occupation des espaces publics découverts, non seulement au droit de l’établissement, mais également en longueur et en largeur. De même, autoriser provisoirement et de façon exceptionnelle les établissements qui ne disposent pas d’autorisation d’occupation de l’espace public, à en jouir, dans la mesure des possibilités d’extension de chacun sur les trottoirs, les places, les rues, les ports et les plages, sans grever le droit de passage des piétons, bien entendu. Enfin accorder une extension ponctuelle des espaces de sable pour compenser l’espace sous-concédé. Nous avons la chance de bénéficier d’un département ensoleillé et nous pourrions ainsi compenser partiellement la perte de ce début de saison. Et le tout, naturellement sans prélever de taxes supplémentaires pour amortir en partie ce départ de saison avorté. Et ne pas facturer aux communes le droit fixe de concession des espaces concédés comme les plages, pour leur permettre de ne pas le répercuter sur les exploitants sous-concessionnaires.
  2. Confier à un organisme certificateur le soin de préciser et contrôler sous l’autorité de vos services la bonne exécution des mesures d’évitement de propagation de l’épidémie, telles que respect des distanciations sociales, des gestes barrières, de l’hygiène, d’équipement du personnel et de désinfection des locaux. L’obtention de ce label serait la condition sine qua non pour profiter de cette réglementation exceptionnelle et provisoire.
  3. Prolonger la période d’exploitation des plages jusqu’à la fin de l’année pour permettre de rallonger l’arrière-saison si la météo nous est favorable comme elle l’a été l’an passé.
  4. Prendre un arrêté d’état d’urgence sanitaire pour reconnaître la force majeure afin que les assurances puissent indemniser les pertes d’exploitation de nos établissements, fidèle en cela aux propos du Président de la République qui invite les assureurs « à être au rendez-vous », et assurant qu’il « y veillerait personnellement »

Voilà, monsieur le Préfet, quelques pistes innovantes pour accompagner notre filière et remettre l’économie de la France en marche. Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités et à prendre les risques inhérents à nos exploitations et comptons fermement sur la flexibilité, la souplesse et la compréhension des pouvoirs publics et des collectivités pour nous soulager par des mesures d’accompagnement exceptionnelles durant cette période provisoire de redémarrage.

Ce sont autant de perspectives qui devraient rendre le sourire à un secteur parmi les plus impactés par la crise sanitaire du siècle.

Dans l’attente de vous rencontrer, je vous prie de croire, monsieur le Préfet, à l’assurance de ma respectueuse considération.

Le Président,

Jean-Pierre Ghiribelli

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