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Var : ces fonctionnaires « fantômes » qui perçoivent des salaires bien réels

Revue de Presse - Le Point ©

Un rapport de la chambre régionale des comptes épingle le cas d’une trentaine de fonctionnaires payés à ne rien faire, rapporte « Var-Matin ».

L’administration française est bien connue pour des situations kafkaïennes qui peuvent exaspérer bon nombre d’administrés. Mais elles peuvent aussi faire le bonheur de certains fonctionnaires. Et ce n’est pas la trentaine d’agents territoriaux varois épinglés par la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur qui diront le contraire.

Dans un rapport publié lundi 24 juin, la juridiction administrative s’étrangle en constatant que « le centre de gestion du Var rémunère toujours une trentaine d’agents privés d’emploi ». Pour certains, ces largesses durent depuis 1989 et coûtent à l’État plus d’un million d’euros chaque année.

À l’origine de cette situation ubuesque : une loi qui intime à l’administration de rémunérer ses fonctionnaires, quand bien même une réorganisation des services ou un changement d’affectation les priveraient d’emploi. C’est exactement ce qui s’est passé pour les agents basés à La Seyne-sur-Mer, à Toulon et à Cogolin. Rattachés au centre de gestion de la fonction publique, ces fonctionnaires sans tâche sont toujours rémunérés par leur commune respective.

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Course aux avancements

Jusqu’ici, les fonctionnaires concernés n’ont rien à se reprocher : tout juste profitent-ils d’une législation qui leur est favorable. Mais le rapport de la chambre régionale des comptes, auquel Var-Matin a eu accès, dénonce une certaine proactivité des agents à soigner leur avancement de carrière.



Considérés comme étant « en position d’activité », ces fonctionnaires fantômes « ont pu bénéficier d’avancement d’échelons et de reclassements statutaires ». L’un d’eux s’est même fendu d’une lettre à l’administration pour réclamer une montée en grade pour la simple raison qu’il se sentait « désavantagé dans le déroulement de [sa] carrière par rapport aux anciens de [ses] collègues » déjà promus.

Un autre agent sans affectation depuis 1990, ancienne star de rugby évoluant au RC Toulon, gérait un restaurant depuis 2009. L’ex-sportif a été sommé par la commune toulonnaise de régulariser sa situation, car cette activité est « incompatible avec le statut de fonctionnaire territorial », explique le quotidien régional.

La plupart des agents épinglés semblent avoir un mantra : pourvu que ça dure. Ainsi, la majorité « ne demande pas [son] admission à la retraite dès l’obtention de l’âge légal de départ, mais attend bien souvent la limite d’âge, restant de ce fait à charge encore plus longtemps pour le centre de gestion », cingle le rapport.

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La prise en charge de ces fonctionnaires varois a un coût bien réel. Chaque année, « plus d’un million d’euros » sortiraient des caisses de l’État pour rémunérer ces fonctionnaires placardisés. En instaurant la dégressivité des salaires dans ces cas bien précis, une loi votée en 2016 pourrait toutefois adoucir la note. Mais, pour l’heure, les fonctionnaires fantômes continuent de hanter les couloirs des administrations.

 

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Var Matin
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Le Point
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